Le kiosquier de Charlie

Anaïs Ginori, "le kiosquier de Charlie"
Anaïs Ginori, « le kiosquier de Charlie »

Il y a trois semaines… un dimanche midi comme beaucoup d’autres, avec mes parents. Ils regardaient le reportage de 13h15 de France 2, qui revenait sur les attentats de Charlie. J’ai posé cette question à ma mère: « tu n’en as pas assez de n’entendre parler que des attentats? ». Elle m’a répondu « Peut-être que toi tu vis avec ça en permanence, vous traitez cette info.  Mais nous c’est différent. On a tendance à oublier ce qu’il s’est passé il y a un an. Je ne veux pas oublier. »

C’est vrai qu’en travaillant dans les médias, j’ai souvent l’impression d’avoir une impression faussée. Je m’interroge de plus en plus sur notre façon d’informer, surtout pendant les attentat. Quelle dose d’information est essentielle ? Laquelle devient purement anxiogène ? Est-ce que le rapport au news n’obscurcit pas notre jugement ? Ou nous donne une vision décalée de la réalité ?

Alors le kiosquier de Charlie, est une petite pépite. D’abord parce qu’Anaïs Ginori, cette journaliste, correspondante à Paris pour le quotidien italien La Republica est critique… face au journaliste dont « le propre est de choisir de ne pas tout publier, ni tout diffuser »… face à « ce besoin pathologique de notre époque de tout commenter sur le champ »… face aux médias dont « chacun veut sa part d’exclusivité », quitte à révéler la présence d’otages caché dans les chambres froides  de l’Hyper Casher pendant qu’un assaut est en cours.

En suite parce qu’Anaïs Ginori nous rappelle, qu’on s’est habitué à montrer son sac tous les jours en arrivant au travail, en allant faire ses courses…. en oubliant que cette présence policière, ces mesures sécuritaires sont aussi rassurantes qu’anxiogènes.

Et surtout parce qu’Anaïs Ginori s’intéresse à l’humain, aux histoires derrière les faits. A cette petite troupe de théâtre amateur rue Nicolas-Appert qui a recueilli les survivants de Charlie juste après l’attaque. Au directeur d’école qui a dû trouver les mots pour expliquer à des enfants ce qu’il venait de se passer… Aux enfants, qui ont chacun eu leur perception des évènements…  Au kiosquier de Saint-Germain-des-Près, qui tous les matins vendaient la presse à Wolinski et à Cabu… Ce kiosquier dont on a oublié le non mais dont on a pas oublié ceux qui ont braqué sa voiture… Les frères Kouachi.

 

 

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